L’ablation de tachycardie jonctionnelle

La tachycardie jonctionnelle correspond le plus fréquemment à une tachycardie par réentrée intra-nodale (maladie de Bouveret). Il s’agit d’un court circuit électrique lié à l’existence d’un « fil électrique » supplémentaire (dénommé la voie lente) au niveau de la jonction électrique entre les oreillettes et les ventricules. L’ablation de cette tachycardie consiste à cautériser ce fil supplémentaire.

Prescription

Une ablation de réentrée intra-nodale peut vous être proposée en cas de crises symptomatiques résistantes au traitement médicamenteux ou d’emblée en cas d’intolérance ou de refus de traitement médicamenteux au long cours.

 

Préparation

L’intervention a lieu sous anesthésie locale.

Vous serez hospitalisé en règle générale 2 nuits autour de l’intervention.

Déroulement de l'examen

L’ablation de la réentrée intranodale se déroule sous anesthésie locale.

L’accès au cœur est réalisé par l’introduction de cathéters dans la veine fémorale au pli de l’aine. De là, les cathéters sont montés sous contrôle radiologique jusque dans l’oreillette droite, le ventricule droit et le sinus coronaire.

La première étape consiste à étudier la conduction électrique de l’influx nerveux dans votre cœur, notamment entre les oreillettes et les ventricules. Plusieurs manœuvres de stimulation électrique des différentes cavités cardiaques sont réalisées afin de déclencher la crise de tachycardie. Cela peut être ressenti de manière désagréable (comme lors d’une crise) mais n’est pas douloureux.

Après avoir repéré le mécanisme précis de la tachycardie, une ablation de la voie lente correspondant au fil électrique supplémentaire responsable du « court circuit » et de la tachycardie peut vous être proposée en montant par la veine fémorale un cathéter d’ablation délivrant de la radiofréquence.

Suivi de l'examen

Dans les suites de l’intervention, vous regagnerez votre chambre en cardiologie.

Vous devrez rester allongé quelques heures afin d’éviter la survenue d’un hématome au niveau de la ponction du pli de l’aine.

Les bénéfices et les risques

Les chances de succès de l’intervention sont élevées à plus de 90%.

Il est parfois nécessaire de réaliser une deuxième intervention afin de compléter une brûlure incomplète de la voie lente.

Les risques liés à l’intervention sont rares : la principale complication tient au fait que la voie lente est souvent très proche des voies de conduction normales entre les oreillettes et les ventricules. Si ces dernières sont touchées lors de l’ablation, il peut être nécessaire d’implanter un stimulateur cardiaque définitif (pace maker) après l’intervention. Cette complication est cependant très rare survenant dans 0,5 à 1% des cas.