l’IRM cardiaque

Beating_Heart_axial

L’IRM cardiaque a pour but d’analyser le fonctionnement du muscle cardiaque (myocarde) ainsi que la morphologie des structures cardiaques (myocarde, péricarde, valves) et des gros vaisseaux (aorte, veines pulmonaires, artères pulmonaires). Les images sont réalisées selon les 3 axes principaux du corps humain : transversal, frontal, sagittal.  Ces coupes sont réalisées sans puis avec injection de produit de contraste (gadolinium). L’acquisition des images nécessite une synchronisation à  l’électrocardiogramme (la fréquence cardiaque rythme la réalisation des images) raison pour laquelle des électrodes amagnétiques seront placées sur votre thorax. Vous devrez également réaliser plusieurs apnées (10-15sec) à la demande du manipulateur lors de l’acquisition des images. Cet examen n’est pas douloureux mais nécessite de rester immobile dans un tunnel fermé. Il peut être également bruyant mais des casque et bouchons d’oreille seront mis à votre disposition pour vous préserver du bruit. Cet examen présente l’avantage de donner des informations très précises et souvent complémentaires à d’autres examens comme l’échographie cardiaque.

Prescription

Comment ça marche ?

IRM veut dire Imagerie par Résonance Magnétique. Le mot « magnétique » indique que l’appareil utilise un champs magnétique (aimant) émettant en « résonnance » des ondes de radiofréquence pour  faire vibrer les atomes  d’hydrogène composant les tissus de votre corps et fabriquer ainsi des images. L’IRM n’utilise pas de rayons X (scanner et radiographie) ni isotopes radioactifs (scintigraphie) et n’est donc pas irradiant. Cela permet une utilisation sans risque et répétée si nécessaire.

 

Prescription

Les indications les plus courantes sont :

-Méthode de référence pour quantifier les fonctions de contraction des ventricules gauche et droit.

-Analyse de la pathologie de l’aorte et suivi de la dilatation aortique.

-Mise en évidence d’infarctus du myocarde.

-Détection de l’ischémie myocardique accessible lors d’une perfusion de Persantine (cf section « IRM de stress »)

-Diagnostic étiologique (cause) des insuffisances cardiaques.

-Diagnostic des cardiomyopathies hypertrophiques, dilatées et restrictives.

-Evaluer avec précision la sévérité des valvulopathies (maladie des valves) : insuffisances aortique, mitrale et pulmonaire.

-Mise en évidence de thrombus dans les cavités cardiaques.

-Diagnostic des tumeurs et masses cardiaques.

-Mise en évidence des épanchements péricardiques.

-Diagnostic des myocardites.

-Diagnostic des DAVD (dysplasie arythmogène du ventricule droit).

 

IRM Cardiaque de stress

Il s’agit d’un « test d’ischémie myocardique » au même titre que  d’autres examens comme l’épreuve d’effort, l’échographie-dobutamine, scintigraphie myocardique d’effort… Cet examen pourra être réalisé si votre cardiologue le souhaite. Il a pour objectif de diagnostiquer la maladie coronarienne c’est à dire un encrassement des artères coronaires (vaisseaux perfusant le cœur) qui peuvent provoquer des douleurs thoraciques à l’effort par baisse des apports en oxygène au niveau du muscle cardiaque.

Cet examen évalue donc  la perfusion, c’est à dire l’irrigation du muscle cardiaque par les artères coronaires. Pour cela, une vasodilatation des vaisseaux coronaires est effectuée à l’aide de Persantine suivie de l’injection d’un produit de contraste non iodé (Gadolinium) qui permet de visualiser la perfusion du muscle cardiaque.

La Persantine est un médicament qui dilate les vaisseaux. Si les artères coronaires sont normales, elles vont se dilater de façon homogène, dans ce cas la distribution du contraste dans le muscle cardiaque sera aussi homogène. En revanche, s’il existe un rétrécissement significatif d’une artère coronaire cela empêchera sa vasodilatation et la distribution du contraste sera alors inhomogène (apparition d’une zone du muscle cardiaque plus sombre par rapport aux zones bien irriguées, brillantes).

Préparation

Pour réaliser l’examen, il n’est pas nécessaire d’être à jeun.

Vous devrez réaliser une prise de sang les jours précédents afin de vérifier le bon fonctionnement des reins.

 

Cas particulier de l’IRM de stress

Il y a des consignes à respecter la veille et le matin de l’examen. Dans les 12 heures qui précèdent l’examen vous devrez :

-ne pas boire de café ni thé ni Coca-Cola.

-ne pas manger de banane ni chocolat.

Ces différents aliments sont des antagonistes de la Persantine ce qui empêcherait donc la Persantine d’agir. Votre examen serait reprogrammé à une date ultérieure.

Contre indication :

-Asthme

Déroulement de l'examen

 

L’examen dure 30 à 45 minutes. Vous serez installé sur le dos dans l’IRM puis vous avancerez dans une sorte de tunnel fermé.

Avant l’IRM, le manipulateur en radiologie vous mettra en place un cathéter veineux au niveau de l’avant-bras pour permettre l’injection du produit de contraste (Gadolinium). Au moment de l’injection, vous pourrez ressentir une sensation de fraicheur dans le bras ou un gout métallique dans la bouche.

Le manipulateur vous appliquera sur le thorax des électrodes à ECG pour synchroniser l’acquisition des images à la fréquence cardiaque.  On place également sur le thorax une sangle qui comporte des antennes.

Les manipulateurs en radiologie prendront le temps de vous expliquer le déroulement de l’IRM et comment réaliser les brèves apnées indispensables pour l’acquisition des images.

-Au cours de l’examen l’équipe se trouvera au plus près de vous derrière une vitre et communiquera avec vous grâce à un micro. L’équipe pourra ainsi vous donner des renseignements sur le déroulement de l’examen.

Vous devrez rester immobile  et nous vous demanderons  d’arrêter de respirer (10-15 sec). A cet instant vous entendrez un bruit répétitif correspondant à l’acquisition des séquences.

Une sonnette est mise à votre disposition et  si nécessaire nous pourrons à tout moment intervenir ou interrompre l’examen.

Cas particulier de l’IRM de stress

Cet examen se déroule comme une IRM cardiaque classique (cf supra « déroulement de l’examen ») mais il sera ajouté en milieu d’examen une perfusion du produit vasodilatateur (Persantine) qui durera 4 minutes. Une fois les coronaires dilatées, nous injectons le Gadolinium pour étudier la perfusion du myocarde.

Que pouvez vous ressentir lors de l’injection de la Persantine ?

Vous pourrez ressentir quelques effets secondaires classiques bénins et disparaissant rapidement :

-sensation de chaleur

-maux de tête

-vertiges

-nausées.

Si ces effets secondaires étaient importants (exceptionnels) nous avons à notre disposition un antidote (aminophylline) pour faire disparaître rapidement les effets secondaires de la Persantine.

Suivi de l'examen

Une fois l’examen terminé, les manipulateurs enlèvent le cathéter et vous pouvez partir et reprendre vos activités habituelles.

Vous recevrez quelques jours plus tard le compte rendu du scanner avec le CD-ROM. Un double du compte rendu est envoyé à votre cardiologue et à votre médecin traitant.

 

Précaution

Précautions et Contre indications :

-Les pacemakers et les défibrillateurs automatiques implantables.

-Les éclats métalliques intraoculaires.

-Les clips chirurgicaux intracérébraux.

-Les implants cochléaires.

-Claustrophobie importante mais la nouvelle IRM réduit de façon significative cette sensation (tunnel large).

-Grossesse lors du premier trimestre.

Attention : Les stents coronaires et les prothèses valvulaires cardiaques mécaniques ne sont pas des contre-indications. Les matériels orthopédiques peuvent également passer dans l’aimant.

Allergie :

Veuillez signaler si vous avez déjà fait une allergie au Gadolinium lors d’un précédent examen IRM. Le cas échéant un traitement pour prévenir les réactions allergiques (à prendre dans les jours précédents l’examen), vous sera prescrit au moment de la prise de rendez-vous.

Insuffisance rénale : un bilan biologique est systématiquement prescrit avant l’examen. Il permet de vérifier l’absence de problème rénal qui pourrait contre indiquer l’IRM. L’insuffisance rénale sévère  est une contre indication en raison du risque de pathologie fibrosante cutanée dans ce contexte (la fibrose systémique néphrogénique).